Au moment où ces lignes sont écrites, personne ne peut savoir si le développement de l'iA est une bonne ou une mauvaise chose dans sa globalité. Personnellement cela m'insupporte en tant qu'utilisateur final tout petit dans son coin, qu'on me bassine avec ça en termes de propositions d'achat ou d'abonnements. Quel excellent prétexte de nous proposer un outil supplémentaire si peu désiré initialement, pour augmenter les tarifs !
Toujours plus d'iA pour un intérêt, à mon niveau, proche du néant. Une incitation permanante à la paresse, aux raccourcis et approximations. Pourtant cela me coûte plus cher dans mes habitudes numériques. Et rien que pour ça, je n'aime pas l'iA.
Cependant on nous dit, à longueur d'articles dont on se demande s'ils ne sont pas à la solde des lobbying, qu'il faut voir plus grand, pourquoi pas, espérons alors !
Mais là où mon optimisme s'estompe, c'est lorsque je vois dans quelles mains le développement de l'iA est confié. Qui alimente ces projets, qui les finance ? Ils sont bien peu finalement, et ces gens ne me semblent pas être sérieux, si peu raisonnables.
Pour certains d'entre eux je pense qu'ils ont même totalement pété les plombs en oubliant qui nous sommes, d'où nous venons, et quelle est notre avenir raisonnable. En ce sens je pense que le prix à payer pour le monde tel qu'ils l'imaginent est exorbitant.
Tant en moyens financiers qu'humains.
Et finalement, c'est surtout philosophiquement que cela me pose un problème. L'iA sert l'ambition de ces hommes, vers un objectif que je considère cauchemardesque : l'homme augmenté, l'individu effacé, la planète sacrifiable, et la conquête infinie. C'est un projet imaginé par des fous qui nous feront perdre ce que nous sommes ontologiquement.
Les algorithmes produisent un réel prévisible, normé, calculé, sans exubérance et sans protubérance, sans bifurcation et sans imprévu, adapté à la surveillance de masse et formaté à la rentabilité.
Voulons-nous que les publicités soient ciblées pour décupler nos addictions et que les contenus pseudo informationnels soient choisis pour conforter nos convictions ?
Que nos CV soient lus par des machines, que la finance mondiale soit régie par des programmes dont plus personne ne comprend les rouages ?
Veux t-on que nos désirs soient anticipés afin plus aucune excursion hors des attendus ne puissent survenir ?
Veux t-on que nos assurances et vulnérabilités soient calculées en fonction de probabilités objectivées, que nos amis ou nos amants soient sélectionnés par des filtres normalisés ?
Que nos créations soient supplantées par des interpolations ?
Voulons-nous sincèrement un tel monde ? Un monde rêvé par ces quelques fous, dont la seule religion est d'inventer un monde inexistant, inexistant car totalement vain ?
A combien de data-centers, de milliards de dollars, évaluons-nous nos chances de succès dans notre monde fini dont les murs ne cessent d'être repoussés par ces projets déments ?
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Nettement inspiré par Aurélien Barreau