Radio J.29/1/2026
Habayta, le retour à la maison, c’est le mot qui a symbolisé l’élan de tous les Israéliens depuis le 7 octobre 2023.
Habayta, le retour à la maison, c’est le mot qui a symbolisé l’élan de tous les Israéliens depuis le 7 octobre 2023.
Habayta, c’est l’espoir du retour des otages, du retour des soldats, du retour à la normalité de la vie et plus profondément du retour à soi-même. Cette chanson écrite il y a une quinzaine d’années par un auteur religieux, Ishay Ribo, a unifié le pays.
Habayta, comme l’autre chanson symbole de ces vingt huit mois tragiques «Eyn li Eretz aheret» (je n’ai pas d‘autre pays), c’est aussi le lien charnel entre le peuple d'Israël et la terre d'Israël.
Le 26 janvier, le corps de Ran Gvili a été rapatrié en Israël, Habayta. C’était le dernier des otages. Depuis deux ans, le Shin Bet avait informé sa famille que ce jeune homme, sergent dans l’unité d’élite de la police, Yassam, enlevé le 7 octobre, était mort au combat.
Convalescent d’une fracture à l’épaule, Ran Gvili avait enfilé sa tenue militaire dès qu’il eut entendu les nouvelles et était parti en moto vers le pourtour de Gaza. Il combattit au kibboutz Aloumim et il y fut tué. On dit qu’il avait à lui seul abattu une douzaine de terroristes.
Ran Gvili a été enterré en présence du Président de la République et du Premier Ministre. Dans le même kibboutz Aloumim, les frères Noam et Yishai Slotki, fils d’un rabbin de Zaka, deux réservistes accourus spontanément, ont été tués côte à côte en combattant. Grâce Ron Gvili, grâce à eux et grâce aux autres défenseurs la zone résidentielle de ce petit kibboutz religieux du Bne Akiba, placé entre Beeri au sud et Kfar Aza au nord, a échappé au carnage, un carnage qui a néanmoins fauché les travailleurs agricoles népalais et thaïlandais qui étaient logés près des champs. ils ne ressemblaient guère à des impérialistes sionistes, mais furent tous massacrés car la frénésie de mort de terroristes biberonnés à la haine ne fait aucune distinction.
Les défenseurs d’Aloumim, comme tous les Israéliens d’origines diverses et dont certains sont Arabes qui sont tombés ce jour-là en combattant sont une source de fierté collective et un signal d’unité pour Israël. Dans ce pays qui se déchire si souvent, ils devraient imposer par décence une diminution des invectives.
La découverte du corps de Ran Gvili est le fruit d’un travail impressionnant où on décèle la plaie non refermée de la disparition de l’aviateur Ron Arad il y a quarante ans. Après avoir déterminé que le cadavre pouvait avoir été enterré dans un cimetière du nord de la bande de Gaza, à l’intérieur de la zone contrôlée par Israël, l’unité israélienne spécialisée, célèbre dans le monde entier, a procédé à l’analyse dentaire de plusieurs centaines de cadavres, a retrouvé celui de Ran Gvili et ses conclusions ont été confirmées par l’analyse ADN.
Coïncidence saisissante, le dernier otage israélien est revenu chez lui le jour anniversaire de la Journée Internationale à la mémoire des victimes de la Shoah.
Le 27 janvier 1945 des soldats de l’Armée rouge arrivent, un peu par hasard, à Auschwitz qu’ont quitté 60 000 déportés partis dans les terribles marches de la mort. Ils y trouvent 7000 prisonniers trop faibles pour marcher que les nazis n’ont pas eu le temps d’assassiner. Parmi eux, il y a Primo Levi, futur auteur de Si c’est un Homme. Ballotté d’un pays à l’autre, il ne retrouvera sa maison à Turin qu’après un périple de neuf mois dans une Europe en plein chaos. Lui a de la chance. La majorité de ses compagnons n’ont plus de maison où aller et plus de famille à embrasser. Enfermés dans des camps pour personnes déplacées, beaucoup chercheront à rejoindre un pays où sont déjà installés des centaines de milliers de Juifs parce que c’est la terre de leurs ancêtres. Ils vont en faire leur Etat, là où les Juifs n’auront plus à subir les soubresauts de la haine, de l’ignorance, des calculs, du fanatisme, de la jalousie, du mépris, de l’indifférence ou du bon vouloir de certains de leurs. concitoyens. Habayta. Israël.
81 ans plus tard, nous pensions que tous, horrifiés, avaient appris et compris. C’était une illusion. Dans un centre de mémoire français, au moment même de la commémoration de la Shoah, une élue de la République accuse Israël de génocide
Avec la diffusion des mensonges du palestinisme, la haine d'Israël devient ainsi une arme de destruction du langage. L’un de mes amis qui évoquait les 30 000 morts Iraniens a été assailli de commentaires accusant le Mossad d’être le responsable du massacre. Qu’importe à ces calomniateurs une vérité qui n’est pas celle qu’ils désirent?
Les otages Israéliens sont rentrés à la maison, mais le combat doit continuer. C’est à nous tous désormais de sauvegarder les mots de notre maison commune, ceux d’un langage qui doit représenter d’aussi près que possible la vérité des faits. Il en va de l’avenir de notre civilisation.