Richard Prasquier

April 22, 2026

Télescopages calendaires


RJ 23/4/2026

Pessah, fête de la libération de l’esclavage en Egypte, a commencé le mercredi 1er avril et s’est terminé en Israël mercredi 8 avril. Le mercredi 15 avril fut le jour souvenir de la Shoah, placé à l’anniversaire du début de la révolte du ghetto de Varsovie. Le mercredi 22 avril fut Yom Haatzmaout,  jour de l’indépendance de l’Etat d’Israel.
De plus, la commémoration des Pâques chrétiennes a presque coïncidé avec  Pessah dans une synchronie assez peu fréquente. Car le concile de Nicée qui a unifié sa date en la déconnectant de la date juive, a choisi un comput qui peut placer le dimanche de Pâques entre le 22 mars et le 25 avril.
Cette superposition de fêtes survenant en pleine guerre contre l’Iran et le Hezbollah s’est accompagnée d’incidents qui ont entaché les relations entre Juifs et chrétiens: le refus de la police de laisser le patriarche de Jérusalem prier le dimanche des Rameaux à l’église du Saint Sépulcre, un prêtre tué par un tir israélien à l’occasion des opérations contre le Hezbollah dans un village du Sud Liban et tout récemment la destruction filmée d’une statue de Jésus par un soldat israélien dans le village entièrement maronite de Debel  près de la frontière avec Israël. Il faut se féliciter de la réaction ferme et  rapide des autorités politiques et militaires israéliennes à cet acte inexcusable de vandalisme sectaire.

Les subtilités du calendrier, qui cette année ne décalait pas les fêtes pour cause de proximité avec le Shabbat, ont donné  à la continuité  des mercredis d’avril une  puissante signification symbolique. Esclaves en Egypte secouant le joug de leurs maitres, sous-hommes promis à l’extermination se révoltant dans un combat pour la dignité, les Juifs  ont conquis par la lutte un Etat où ils ne sont plus la variable d’ajustement pour temps difficiles qu’ils ont souvent été dans l’histoire. Ils en voient le retour  dans les atermoiements politiques,  dans les pays dont ils sont les citoyens, devant une détestation d’Israel galopante dont eux-mêmes sont les cibles.

Pour sa proposition de loi  sur les formes nouvelles de l’antisémitisme, qui vient d’être retirée, Caroline Yadan s’était entourée de toutes les précautions juridiques. LFI a fait croire que la critique de la politique du gouvernement israélien allait être impossible et il a réussi son coup. Le gouvernement s’est engagé à présenter un projet de loi avant l’été, mais beaucoup sont sceptiques sur l’ampleur de ce texte.

Ce retrait a coïncidé avec l’anniversaire de la révolte du ghetto, Même si plusieurs des héros de cette révolte n’étaient effectivement pas des sionistes, cela ne signifie en rien qu’ils auraient milité pour la destruction d’un Etat d’Israel, une fois cet Etat créé.

Les actions d’Israel au Liban  visent  le Hezbollah et téléscopent les rêveries de ceux qui s’acharnent à ne pas admettre ce que chacun sait, que le Liban n’est plus un pays souverain, qu’il  est pris en otage par le Hezbollah, que celui-ci est une officine iranienne, que la FINUL onusienne fut un permanent échec et que seul Israël est capable de desserrer la corde terroriste qui étrangle le pays. Au lieu d’admettre cela, la France, contrairement à l’Allemagne et l’Italie, n’a pas réagi quand l’Espagne et l’Irlande proposaient de rompre les accords douaniers entre l’Union européenne et Israël en raison de ses actions au Liban….

Rarement plus que cette année le télescopage des mercredis d’avril n’a fait sens. La destruction des Juifs d’Europe n’a pas été à l’origine de la création de l’Etat d’Israel, mais elle a fait comprendre à l’immense majorité des Juifs que ce pays était désormais indispensable à leur survie spirituelle ou à leur dignité d’individus. 

Actuellement se pose la question de la liberté de passage dans le détroit d’Ormuz désormais bloqué par les Iraniens et les Américains; pour le coup, un vrai télescopage physique…..Les suites en restent le jeudi 23 avril particulièrement nébuleuses.

 Si ce sujet préoccupe le monde en raison de ses conséquences économiques,  c’est la lutte contre le régime iranien qui est une  question existentielle pour les Israéliens, car ce régime  a fait de la destruction de leur pays son obsession et son viatique d’infiltration auprès du monde musulman. Derrière le Hamas, il y a l’Iran, derrière le Hezbollah, il y a aussi l’Iran. Derrière l’attentat de l’AMIA en 1994 il y avait déjà Ahmad Vahidi, l’homme fort du régime iranien aujourd’hui…….

Contre des  adversaires fanatiques, tenaces et subtils, on se demande si le Président américain est de taille, un maquignon vantard, menteur et velléitaire aux yeux de ses innombrables détracteurs. Il a pris l’impopulaire et pourtant nécessaire décision de commencer  la guerre. J’espère qu’il saura la mener à la seule fin qui ouvre l’avenir, la destruction du régime des mollahs…..